Martes, 07 Diciembre 2021

San José

Joseph, un saint populaire

Le 19 mars est un jour de fête attendu. Dans plusieurs pays, on y honore avec solennité et enthousiasme le saint époux de Marie. À la « Saint-Joseph », les gens dansent dans les rues de la Nouvelle-Orléans vêtus de costumes colorés. Les Italiens dressent des tables de festin et préparent des pains qu’ils partagent avec les pauvres. À Valence, en Espagne, de gigantesques sculptures en papier mâché animent la ville puis alimentent un feu de bois. Le passé témoigne aussi de grandes manifestations populaires en Nouvelle-France tels ces coups de canons et ces salves de mousquets qui s’ajoutaient au caractère religieux de la fête.  Instituée au 15e siècle, la fête de saint Joseph est devenue obligatoire dans toute l’Église en 1621 sous le pontificat de Grégoire XV.

« La tradition de la dévotion à saint Joseph remonte d’ailleurs au tout début de notre pays qui lui fut officiellement consacré en 1624 », notait le père Henri-Paul Bergeron, c.s.c., dans l’une des publications du Centre de recherche de L’Oratoire Saint-Joseph (Cahier de Joséphologie, Vol. XXIII, no 1 : janvier-février 1975, .p. 41.). Il continue : « Les Relations des Jésuites nous révèlent à quel point ce culte était populaire en Nouvelle-France. C’est sous son patronage que s’accomplit l’évangélisation des Indiens et c’est le nom que l’on donnait habituellement aux nouveaux convertis. La coutume s’établit rapidement et s’est conservée jusqu’à nos jours de choisir le nom de Joseph comme premier patronyme au baptême. L’étude des mandements des évêques du Québec manifeste aussi que l’encouragement de la dévotion à saint Joseph est une constante de notre histoire. »

De nombreuses chapelles et églises lui sont dédiées. Au Québec seulement, on dénombre aujourd’hui quarante paroisses « Saint-Joseph ». Que vous restiez à Rivière-Bleue, Alma, Carleton, Lanoraie ou Deschambault, une paroisse Saint-Joseph est à proximité. La plus ancienne se trouve sur le territoire du diocèse de Saint-Jean-Longueuil. Il s’agit de la paroisse Saint-Joseph-de-Chambly dont l’érection canonique remonte à 1665.

Invoquer saint Joseph

« Patron des ouvriers, en particulier de ceux qui travaillent le bois, menuisiers et charpentiers, saint Joseph est surtout le modèle des époux et des pères de famille et, plus encore, des cœurs vierges et des âmes intérieures à qui il donne le goût du silence, de la contemplation et de la fidélité à la volonté divine », souligne Jean Ladame (Les saints de la piété populaire, éditions S.O.S., Paris, 1985, p. 55). À l’Oratoire du mont Royal, et ce, depuis plus de cent ans, les pèlerins montent nombreux « faire une neuvaine à saint Joseph » comme le recommandait frère André. On y invoque le charpentier de Nazareth comme modèle des travailleurs, gardien des vierges, soutien des familles, terreur des démons, consolation des affligés, espérance des malades, patron des mourants et protecteur de l’Église universelle.

On voit en saint Joseph le parfait protecteur, celui qui écoute et répond aux demandes les plus humbles. « (…) nous lui remettons encore la charge (…) de subvenir, en économe avisé des trésors de Dieu, à nos nécessités les plus ordinaires qui sont aussi parfois les plus criantes, écrit encore Jean Ladame. D’ailleurs, à partir des grâces matérielles, saint Joseph nous fait désirer celles qui comblent une âme de la présence et de l’amour de Dieu. »

Saint Joseph, un patron, un ami

Le Canada, la Chine, le Pérou, le Vietnam et la Belgique ont été placés sous le patronage de saint Joseph tout comme l’ont été de nombreuses congrégations religieuses fondées au 19e siècle. La popularité de la dévotion à saint Joseph à cette époque va de pair avec la reconnaissance officielle que lui confère l’Église. En 1847, le pape Pie IX décide que la fête du patronage de saint Joseph serait célébrée dans toute l’Église. Le 8 décembre 1870, il proclame saint Joseph, patron de l’Église universelle. En cette même année, Alfred Bessette arrivait au collège Notre-Dame. Qui pouvait bien soupçonner alors que ce jeune postulant de la Congrégation de Sainte-Croix allait un jour fonder un sanctuaire d’envergure internationale au flanc du mont Royal ? Qui aurait bien pu prédire que cet humble religieux serait écouté et reconnu pour ses qualités exceptionnelles d’intercesseur auprès de saint Joseph ?

Pour frère André, le culte de saint Joseph était la route pour aller vers Dieu. « Tous les gestes qu’il posera jusqu’à sa mort, face à des demandes parfois extrêmes, ont toujours exprimé sa confiance et sa dévotion envers le grand saint qui deviendra son ami, écrit Jean-Guy Dubuc (Le frère André, Fides, 1996, p.110). Des témoins le diront et le répéteront : Il nous recommandait des prières très simples comme celle-ci : Saint Joseph, priez pour moi comme vous auriez prié si vous aviez été sur terre à ma place, dans mes difficultés. Saint Joseph, exaucez-nous… » Et saint Joseph exauce.